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La Navy met un coup d'arrêt à une série victorieuse (5) du RCMN

Plymouth, 20 mars 2019. Il y a 9 ans jour pour jour, le XV de France réalisait son dernier grand chelem en battant l’Angleterre (12-10) au stade de France. Le petit stade de Plymouth Albion n’a rien de comparable à l’enceinte de Saint-Denis mais il laissait un bon souvenir à nos joueurs du RCMN victorieux sur cette même pelouse un peu cabossé    e il y a deux ans.
Si le XV de France a malheureusement entamé un profond déclin depuis le début de la décennie, le RCMN se trouvait pour sa part dans une spirale ascendante. Un « momentum » comme disent nos amis anglais, bien décidés (et dûment préparés) à stopper la dynamique française.

A la nuit tombée après des hymnes et un décorum impeccables, Britanniques et Français sont prêts. Branle-bas de combat, le Crunch peut commencer : Jimmy Peuchaud le capitaine, replacé à l’ouverture, tape le coup d’envoi.

Après une première pénalité passée par le buteur de la Navy dès la deuxième minute, place à la première mêlée. Concassés dans ce secteur les années précédentes, les Britanniques font mieux que résister - le ton du match est donné.

Eddie Jones, sélectionneur du XV de la Rose a pour habitude de dire : « Moi, je crois en deux statistiques. La première est celle-ci : combien de temps un joueur au sol met-il pour se replacer en défense ? La seconde est celle-là : combien de temps un joueur au sol met-il pour se replacer en attaque ? ». Visiblement, les préceptes du stratège australien ont été assimilés par les joueurs de la Navy, alors que côté RCMN c’est justement la dynamique défensive qui fait défaut.

Après un échange de salves des buteurs qui porte le score à 6-3, la Marine écope d’un premier carton jaune sévère pour un plaquage haut à la 18ème minute. La pénalité est jouée rapidement sur le côté gauche et amène le premier essai britannique. « C’est compliqué ce début de match » souffle, inquiet, Steve Marco, le demi de mêlée remplaçant.

Incise fidjienne

Au sein de l’équipe de la Royal Navy, deux noms ont évidemment été ciblés par le staff du RCMN : Ratu Vakalutukali et Sam Matavesi. Les deux Fidjiens, grâce à un collectif bien huilé, mettent constamment leur équipe dans l’avancée. Très discret l’an dernier à Mayol, Sam Matavesi est pourtant un nom ronflant : international fidjien, il était titulaire contre le XV de France en novembre dernier !  C’est lui qui marque le deuxième essai de le Royal Navy, juste avant la mi-temps, après une percée initiale de son compatriote : 18-3.                                                                                                                 

Une mêlée en difficulté

Sous les yeux de l’amiral Ben Key (qui n’a aucune parenté avec son homonyme 2e ligne et champion du monde en 2003) et de l’amiral Éric Pagès, commandant de l'École Navale, la mêlée française continue à tanguer en 2nde période. « On a souffert sur les mêlées, en plus on manque les premiers plaquages. Notre point fort c’était la mêlée - ils nous ont pris là-dessus » confirme le 3ème ligne Gaëtan Aninat.

Dans l’avancée permanente, la Royal Navy concrétise après la pause et dès la 44ème minute. Sam Matavesi déjà cité et ancien joueur de Plymouth Albion, connaît parfaitement les lieux. Il inscrit son deuxième essai, 25 à 3.

Malgré les changements et l’entrée de joueurs d’expérience comme Julen Gallego, le RCMN peine à redresser la barre, et les coups de sifflets de Mme Sara Cox, l’arbitre professionnelle de la fédération anglaise de rugby continuent de pleuvoir comme les flèches à Salamine et très souvent dans le même sens…

Même réduite à 14, la Royal Navy joue juste. « Ils font toujours pareil, mais on tombe dans le panneau » peste le capitaine Jimmy Peuchaud. Les Britanniques déroulent en fin de match : 3 nouveaux essais viennent alourdir le score. Les corps sont meurtris… les têtes aussi. 47-3 score final.

« Ils n’ont pas proposé du grand jeu, mais en défense il n’y a rien qui va » résume - amer - le centre Luca Cutayar.

Alors que les marins français saluent les gagnants du soir, on entend alors la chanson d’Abba « Waterloo » résonner dans les enceintes du stade. Gageons que si un titre nommé « Trafalgar » existait, il aurait été diffusé... Un peu plus fair-play , l’amiral Ben Key a le mot final de la soirée : « nos amis français sont certainement déçus, mais  ils mènent toujours 8-7 dans les confrontations ».

Le RCMN n’aura pas besoin de  source de motivation artificielle pour prendre sa revanche l’an prochain à Mayol !

Auteur : Vincent Pochulu