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ET LE BOUCLIER NE SAIT TOUJOURS PAS NAGER


ROYAL NAVY WOMEN 3 RCMN FEMININES 25
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Dans la langue anglaise l’expression « être au 7eme ciel » est traduite « to be on the cloud nine ».
Comprenez littéralement être sur le 9e nuage. 9 comme les 9 victoires consécutives des filles du RCMN contre celles de la Royal Navy. Neuve, comme une partie de cette équipe qui continue à gagner.

Plymouth, HMS Drake. Au pied des vénérables bâtiments de pierre de la Royal Navy, à quelques encablures du quai, un terrain de rêve: « on est dans les chariots de feu, dans le cercle des poètes disparus avec un peu d’Harry Potter. C’est un terrain magique dans un endroit historique » glisse Fabrice Landreau, ancien international, réserviste citoyen et ambassadeur du RCMN.
S’il y a bien une valeur omniprésente chez les filles du RCMN c’est leur envie d’aller de l’avant. Un peu trop dans une entame de match indisciplinée qui se solde par 4 pénalités.
« Ça a été dur de se mettre dans le match » concède la capitaine Manon Sauvage, « mais on a su garder la tête haute, on est une équipe très soudée. »
Sous les yeux des équipages des bâtiments école Guépard, Tigre et Chacal et leurs Commandants, le RCMN fait honneur à la ménagerie. Dans sa version meutes de lionnes, le premier ballon porté du RCMN va derrière la ligne à la 27e minute. Le rugby commence devant, et devant justement les filles sont les plus fortes. Manon Sauvage talonneur peut compter sur ses deux piliers Elodie Duban et Manon Pujol. C’est cette dernière qui inscrit au près le deuxième essai français, 10-0. La Marine Nationale prend logiquement les commandes, et paraît voguer vers une fin de mi temps conquérante avant de tomber sur un écueil de taille. Après une échauffourée le corps arbitral voit rouge, c’est à 14 que les filles vont devoir garder le cap. La Navy redresse timidement la tête pour revenir à 10-3 à la mi-temps.

C’est à 13 contre 15 que le RCMN va assommer son adversaire. Alors que les filles ont reçu un carton jaune, elles compensent leur infériorité numérique par une efficacité diabolique. 50e minute : la pilier Elodie Duban franchit plein axe, les anglaises reculent sur tous les impacts, les deux Manon et leurs troisième lignes déblayent à tour de bras. La deuxième ligne Perrine Verbrugghe concrétise le 3eme essai pour le RCMN (15-3) !
Dans le sillage d’un ballon porté qui martyrise les rangs anglais Perrine Verbrugghe vient à nouveau derrière la ligne, 20-3.
« On a été vraiment fortes devant » confie Perrine rayonnante, « j’avais mal à la cuisse cette semaine, je n’étais pas sûre de pouvoir jouer, je ne me voyais pas du tout marquer deux essais ! »
Et les trois-quarts dans tout cela ? Au relais de leur paquet d’avants tonitruant, les arrières participent à la fête et la centre Gwendolyn Pilon dans les derniers instants vient couler définitivement la Royal Navy 25 à 3 !!

« C’est un nouveau groupe, il y a des nouvelles joueuses » raconte Elodie Duban désignée par le staff meilleure joueuse du match alors que sa partenaire de première ligne Manon Pujol a, elle, été élue joueuse du match par les organisateurs. « On a su se trouver sur le terrain, ça relance le RCMN. Le challenge est gagné ».
« Je suis fière de mon équipe » rajoute Manon Sauvage.
Comme le staff des filles aime à le répéter, le bouclier ne sait pas nager! Le trophée de l’Entente Cordiale restera au moins une année de plus en France.
Sur l’air dédiée au champion du monde de football Benjamin Pavard, c’est un chant français écrit lors de la tournée en Australie, qui doit encore résonner du côté de Plymouth à l’heure où ces lignes sont écrites : « Le RCMN je crois pas que vous connaissez ! Une équipe de reines, le RCMN ! ».
Auteur : Vincent Pochulu