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2019-11-11 CHALLENGE FOCH-RONARC’H

Le RCMN vogue vers un nouveau succès.

Pour la 6ème fois en 7 éditions, le RCMN s’impose face au Rugby Club de l’Armée de Terre (29-21)


Remise du trophée au RCMN par le vice-amiral d'escadre Jean-Louis LOZIER, CECLANT

Qu’on soit terrien ou marin, jouer un 11 novembre n’a rien d’anodin. Ce 11 novembre, les bleuets de France avaient fleuri en nombre dans les tribunes du stade de la Rabine de Vannes. 4000 spectateurs réunis autour du Challenge Foch-Ronarc’h, un record, ont assisté à un engagement de tous les instants. Les deux plus hautes autorités militaires de Bretagne, terre comme mer, le préfet du Morbihan et le maire de Vannes honoraient de leur présence l'événement. Plusieurs amiraux, officiers et marins de l'école des mousses avaient fait le déplacement pour supporter leur équipe. Le coup d'envoi fictif a été tapé par des blessés de la force des fusiliers commandos auxquels leurs jeunes camarades rugbymen et toute l'assistance tenaient à rendre hommage. Il avait été précédé d'une Marseillaise accompagnée  par un orchestre et entonnée par un cœur tous deux formés dans les cités de Vannes par un professeur de musique bénévole. Toutes réunies, beaucoup de raisons de créer une émotion toute particulière en cette occasion. Le Rugby Club de la Marine Nationale et le Rugby Club de l’Armée de Terre ont offert un match digne des lieux et de son habituel pensionnaire de Pro D2, le RC Vannes.

Julien Magnani, head coach, et son staff l’avaient senti, le recrutement du RCMN est de qualité. A Vannes, les nouveaux du RCMN ont brillé, les anciens aussi. Dès l’entame, le RCMN, intraitable en conquête, met au supplice le RCAT obligé de se mettre à la faute et justement sanctionné. La première mêlée résume à elle seule les 20 premières minutes : le pack de l’armée de terre se retrouve sur le toit, submergé par une poussée terrible des marins ! Maelann PERRET-TOURLONIAS dans un grand jour au pied concrétise la domination de la Marine. Les pénalités défilent, le RCMN mène rapidement 12-0 après 15 minutes. Maelann PERRET-TOURLONIAS mérite quelques louanges : le maître artificier du RCMN, joueur de Bourgoin en Fédérale 1, évolue normalement au poste de demi de mêlée, mais c’est à l’ouverture qu’il a joué pour compenser avec brio l’absence du titulaire.

Cette équipe n’a qu’une semaine de vécu collectif, mais entres cadres et recrues, un état d’esprit est né. Pour Gaëtan ANINAT – exemplaire en 3ème ligne – « c’était une semaine avec beaucoup de découvertes, on a quand même 13 nouveaux joueurs ! Mais il y a du talent et en plus ce sont des combattants. »  Autre ancien de l’équipe, Daniel BOURCIER blessé lors du dernier Crunch, faisait son retour. Et quel retour ! Le 2ème ligne embarqué sur la FREMM Auvergne possède une technique parfaite et sent le jeu comme personne. Ajoutez à cela des qualités physiques peu communes, il a fait beaucoup de mal à l’armée de Terre. « Daniel est embarqué, il ne peut pas s’entraîner. Il a 33 ans, il n’a pas de préparation rugby spécifique mais il est énorme ! » confie Gaëtan, admiratif. Julen GALLEGO lui aussi embarqué, en connaît un rayon en matière de jeu d’avants et confirme : « Ça c’est un guerrier, avec lui tu pars au combat sans problème ! » ; « il est trop fort », résume son capitaine Jimmy PEUCHAUD. 

En grande difficulté dans cette première période, l’armée de Terre a eu un mérite : ne pas lâcher. Réalistes, les terriens s’accrochent et marquent même le 1er essai du match. La Marine réplique aussitôt : après une pénalité rapidement jouée, un crochet dévastateur de l’ailier toulonnais Romain AVINENS met sur les fesses son défenseur. Nicolas BAQUER termine cette belle envolée, le RCMN mène 19 à 5 à la mi-temps. « On met du jeu, c’est bien. Mais on doit marquer plus d’essais dans cette première mi-temps » glisse Jimmy PEUCHAUD. 

L’Armée de Terre montre en effet un nouveau visage dès le début de la seconde période, le match  s’équilibre, la tension monte d’un cran. Le RCAT recolle grâce à un essai de son deuxième ligne après une séquence de pilonnage en règle de la défense du RCMN, 19-10. Même la mêlée de la Marine, impériale pendant 40 minutes, se met à tanguer. Sans prendre l’eau pour autant : « On sait que ce sont des bons joueurs de rugby, ils ne renoncent jamais, ils sont hargneux. Ils sont toujours courageux. » concède, fairplay, Jimmy PEUCHAUD.

Le RCMN a su aussi faire preuve de mental pour serrer les rangs à l’heure de jeu. Un ballon arraché par Matthieu BITTARD – formé à Vannes et aujourd’hui marin pompier – permet à Romain AVINENS de marquer sous les poteaux. La Marine reprend le large avant de contrôler une fin de match houleuse mais heureuse. 29-21 au final, l’armée de terre échoue à 8 points, plombée par les nombreux échecs de ses buteurs, pour le plus grand soulagement de nos marins. « On a bien tenu, tous ensemble. Il y avait beaucoup de bruit dans le stade, on n’a pas l’habitude, sur certaines annonces on ne s’entendait presque pas parler ! » raconte Gaëtan. « On est en train de créer un groupe cette année pour battre les Anglais. L’ambiance est excellente. Sur le terrain on peut faire beaucoup mieux ; il y a beaucoup de combinaisons qu’on n’a pas réussi à utiliser. » conclut Jimmy.

Pour sa première sortie de la saison 2019-2020, le RCMN a réalisé un match plein de promesses, à commencer par celle d’une revanche contre la Royal Navy le 18 mars prochain sur la pelouse de Mayol. 

Tous nos souhaits de rétablissement au précieux N° 8 Nicolas PEYRAUD dont la blessure sérieuse à l'épaule nécessitera deux mois de repos complet, sous le suivi bienveillant de Nicolas ROBIN, médecin de l'équipe. 

Article de Vincent Pochulu, cellule communication du RCMN, spécialiste rugby chez Bein

Interview de Julien MAGNANI

Le 11 Novembre marque la reprise de la saison pour le RCMN. Comme chaque année, nos marins affrontent l’armée de terre dans le cadre du Challenge FOCH–RONARC’H.
Avant ce match au Stade de la Rabine à Vannes, Julien MAGNANI, pour sa 5ème saison sur le banc du RCMN, nous présente son équipe et les objectifs de cette nouvelle saison.

Vous sortez d’une saison en demi-teinte, comme tous les ans il y a beaucoup de changement dans l’effectif mais des ambitions intactes ?

L’objectif c’est d’optimiser le temps qu’on va avoir avec ce nouveau groupe, il va falloir travailler vite et bien. La saison dernière le résultat du Crunch je l’ai senti venir, il est à l’image de notre saison. On gagne difficilement le Foch-Ronarc’h, on se fait bouger par les espoirs de Narbonne…

Moi, mon objectif c’est toujours de gagner quel que soit l’adversaire. Evidemment que le match le plus important de la saison c’est contre les Anglais, c’est pour ça qu’on a des contrats rugby et que la Marine nous aide. Mais il y aussi le championnat de France militaire et il faut d’abord bien commencer et gagner le Foch-Ronarc’h.

Vous avez les mêmes problématiques qu’un sélectionneur qui n’a pas à disposition ses joueurs autant qu’il le souhaite en fait ?

Exactement ! Sauf que contrairement à d’autres sélections, moi mes marins quand ils sont embarqués, c’est presque impossible pour eux de se préparer au niveau physique et sur le plan rugby. Quand tu es en mer depuis 4 mois et que 2 jours après tu es sur le terrain ça n’est pas évident ni pour le joueur ni pour le coach !

Toutes les semaines sur les terrains de Pro D2 et de TOP 14 et même avec le XV de France il y a des anciens du RCMN (Vincent Rattez, Dany Priso, Thomas Hoarau, Swan Cormenier, Sadek Deghmache) qui sont passés pro. Est-ce une fierté ? Est ce qu’on le sait assez ?

Dans le milieu du sport militaire ça se sait de plus en plus, pour le grand public beaucoup moins. Sauf quand un Thomas Hoarau par exemple (aujourd’hui pro au RCT) en parle dans les médias. On leur a peut être donné un coup de pouce à un moment mais c’est leur mérite à eux. Nous on est surtout fiers d’eux et fiers qu’ils soient passés par le RCMN car la plupart de ces joueurs nous ont beaucoup apporté.

Un point sur l’effectif, un mot sur les nouveaux arrivants ?

On a changé 13 joueurs parmi nos contrats rugby. Depuis que j’entraîne c’est le plus gros changement. On a beaucoup de travail mais on a fait un recrutement de qualité. Les joueurs que l’on prend sont toujours bons au rugby. Ce qui fait la différence c’est l’état d’esprit, et je crois qu’on a visé juste cette année.

Vous incarnez le RCMN comme joueur puis entraîneur depuis 15 ans Comment envisagez-vous  la suite de votre carrière rugby dans la Marine ou en club ?

Il n’y a pas que moi ! il y a Alexandre Rossi, Sébastien Bénassis, Sam Somnica, et tout le staff qui est derrière. Ils ont autant de mérite que moi. J’ai validé mon diplôme d’Etat d’entraîneur l’année dernière. Je suis reparti pour 3 ans avec le RCMN avant pourquoi pas de me consacrer un jour à un autre projet dans un club. Je reste en contact avec le rugby de club car c’est là d’où je viens. J’interviens de temps en temps avec le club de La Valette. Je sais qu’à un moment je vais laisser ma place à quelqu’un d’autre pour que les joueurs aient un autre discours, d’autres méthodes. Un entraîneur c’est cyclique, s’il reste 20 ans au même endroit il tourne en rond même si on essaie toujours d’évoluer. Le RCMN n’appartient à personne mais j’aimerais bien que des joueurs qui sont avec nous depuis longtemps prennent un jour la relève. Je pense à Julen Gallego, ou Jimmy Peuchaud, j’ai commencé à leur en parler !

Article de Vincent POCHULU

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Signature d'une convention de mécénat avec la Société Générale Toulon

Aujourd'hui a eu lieu la signature d'une convention de mécénat pour la saison 2019-2020 entre la Société Générale Toulon et le RCMN, dans les bureaux de l'agence de la Place d'Armes en présence de Serge Foulatier, directeur commercial régional, et Yves Joly, président de l'association Les Amis du RCMN.

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Benjamin CHALUTAUD, entraîneur du RCMN, "le rugby dans la marine: une super expérience humaine"

Après 6 années de succès à la tête des filles du RCMN, l’entraîneur Benjamin Chalutaud passe la main à son adjoint Philippe Rotella.

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Joueurs et entraîneurs n’ont pas souvent l’occasion de choisir leur sortie. Bien souvent, l’usure du corps ou de l’âme précipitent les fins de mandat. Benjamin avait 2020 comme horizon, mais début juin à Cherbourg, l’entraîneur des filles du RCMN a trouvé une occasion en or pour tirer sa révérence : une victoire 12-10 contre la British Army lors de la 2ème édition du Challenge Violetta Szabo.

« Le dernier match contre la British Army, c’est ce qu’on a vécu de mieux dans mes 6 années au RCMN sur le plan émotionnel. Je ne peux pas oublier les 15 jours en Australie où on a réussi à ramener le trophée. Mais contre la British Army – le plus haut niveau du rugby féminin militaire - c’était au-dessus », raconte Benjamin, pour qui les circonstances de cette victoire illustrent bien les difficultés et les réussites d’un entraîneur :
« On était 18 sur la feuille de match, on a eu une blessé à l’échauffement et les filles ont tenu 80 minutes et même plus à 15. Je n’ai même pas fait mes deux remplacements. On perdait 10-7 à quelques minutes de la fin et là, j’ai vu un esprit de rébellion. C’est notre cohésion qui nous a permis d’arracher la victoire. Je n’ai eu aucun regret d’annoncer mon départ à l’issue de ce match. Le rugby dans la marine c’était une super expérience humaine”

Pour Benjamin, le rugby c’est la grande passion de sa vie, et ce depuis tout petit :
« À La Rochelle où j’ai grandi, c’est soit la voile, soit le rugby ! J’ai eu la chance de faire toutes mes classes au Stade Rochelais. Je suis de la même génération que Jean-Baptiste Elissalde (actuel entraîneur adjoint du XV de France). On s’est suivis jusqu’en juniors. Il y en a un qui a un peu mieux réussi dans le rugby ! »
sourit Benjamin, qui a évolué aux même postes (9 ou 10) que l’international Français. 

Engagé dans la Marine en 1997 à tout juste 20 ans, Benjamin Chalutaud, formé à Maistrance, a passé 15 ans dans le circuit embarqué. Avec 5 années sur le Charles de Gaulle pour clore cette période. Malgré une carrière de détecteur bien remplie, Benjamin n’a jamais coupé avec le rugby. Avant le RCMN, c’est d’abord le club de Saint-Mandrier qui lui a servi de passerelle entre la Marine et le rugby.

« Saint-Mandrier est un club atypique car il y beaucoup de marins. Tous les rugbymen de la Marine se connaissent. Je suis arrivé en tant que joueur en 1999, et petit à petit, on m’a proposé le poste d’entraîneur joueur. Il y a une équipe féminine à Saint-Mandrier, mais je ne l’ai jamais entraînée. Et puis évidemment, j’ai joué avec le RCMN. »

En 2013, le regretté Stéphane Larrodé quitte son poste. Lors du premier rassemblement à Brest, Éric Georges, l’entraîneur principal se retrouve tout seul au milieu d’une trentaine de filles.

« Quand Éric est revenu, il m’a demandé d’intégrer le RCMN : c’est comme cela que l’aventure a commencé pour moi. C’était en novembre 2013. Je suis devenu entraîneur adjoint en charge des ¾. Je ne connaissais pas le rugby féminin comme coach. Je côtoyais l’équipe féminine de Saint-Mandrier pour quelques ateliers en commun, mais j’avais finalement peu de connaissances du rugby féminin. »

En parallèle avec un engouement croissant pour le rugby féminin en France le RCMN a continué son développement.

« Quand je suis arrivé il y avait déjà des filles de qualité, avec des contrats rugby, d’autres qui jouaient en équipe de France. Petit à petit on a eu de nouveaux contrats, on a su grandir. Avec un grand nombre de joueuses embarquées, leur disponibilité peut parfois poser problème. Mais en même temps, la meilleure des publicités pour le recrutement, ce sont les joueuses elles-mêmes au sein de leur unité, par leur réseau Marine Nationale. »

Benjamin et son staff sont aussi les garants de l’identité Marine de cette équipe pas comme les autres.

« On n’est pas une équipe de club : on est plutôt comme une sélection. On se retrouve 4 fois dans l’année, c’est particulier. On a les valeurs d’une unité embarquée. Quand on part en mission 3 ou 4 mois, il faut vraiment de la cohésion sur le bateau. Et ce qu’on soit 100, 200 ou même 2000 comme sur le porte avion. Quel que soit notre nombre, on retrouve toujours cette cohésion à chaque rassemblement. Elle fait notre force, on la retrouve sur le terrain. On mêle aussi bien des internationales, des filles aux portes de l’équipe de France que des débutantes… Et tout le monde se tire vers le haut !

Jusqu’à cette victoire à Cherbourg contre la British Army : une consécration.

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Benjamin Chalutaud laisse le RCMN entre des mains qu’il connaît bien : celles de Philippe Rotella, son adjoint depuis 4 ans.

« Je lui souhaite autant de bonheur que ce qu’on a vécu ensemble, et de continuer sur la même voie. Il sait que je serai là pour l’aider. J’espère qu’il aura les mêmes résultats sportifs. On a mis la barre assez haute : 10 victoires contre la Royal Navy. Maintenant on arrive même à accrocher la British Army ! »

Avec le passage du Brevet d’Etat d’entraîneur de rugby comme objectif, Benjamin Chalutaud vogue désormais vers un nouveau défi dans le civil avec les garçons… ou les filles !